Édito

Il y a un an, le Théâtre des Clochards Célestes devenait bleu. Bleu comme cette maison de Frida Khalo qui bien que clouée à son lit, voulait être dans le ciel. Bleu comme cette mer dont nous parle Camus, qui « nous lave et nous rassasie dans ses sillons stériles, nous libère et nous tient debout ». Bleu comme un univers de possibles, sans fond, sans fin, impénétrable et infini.

Il y a un an, le Théâtre des Clochards Célestes s’inventait un nouvel alphabet, un alphabet imaginaire inspiré par celui des hobos, vagabonds professionnels, voyageurs poètes qui refusaient un monde industriel et déshumanisé. Un alphabet constitué de signes, poésie visuelle, proposant aux yeux des lecteurs un espace de rêverie. Des signes pour ouvrir l’imaginaire, comme un grand air de liberté.

Il y a un an, le Théâtre des Clochards Célestes s’affirmait comme une scène de Nouvelle Création. Il proposait à cinq compagnies de s’associer au lieu et à son aventure, en leur offrant l’espace et le temps nécessaires à la fabrique d’un langage qui leur soit propre. Cinq compagnies en création, et vingt-cinq autres toutes aussi audacieuses dans leurs propositions. Comme autant de défis.

Aujourd’hui, le théâtre file à tout allure, accompagné d’un public toujours au rendez-vous, curieux de découvrir ces jeunes créateurs pleins de ressources, ravis de partager avec eux ces moments d’expression où le monde que nous connaissons est bousculé et revisité. Une belle aventure, et qui ne fait que commencer…

Demain, on continue ! Avec cette nouvelle saison, qui souffle comme un vent de folie et nous emporte en tourbillonnant. Cinq nouvelles compagnies rejoignent l’aventure. Nous n’oublions pas celles de la saison passée, que nous continuons à accompagner sur d’autres rêveries. Et autant d’autres propositions, farouches et joyeuses, aux regards révoltés, amusés, tendres et incisifs, qui proposent une re-poétisation du monde et du quotidien.

Ne nous laissons pas abattre ! Et ensemble, rêvons, chantons, et dansons maintenant ! 

 

Louise Vignaud